05.08.2008
La revoyure
Je n'ai pas eu le temps d'écrire cette année.
Parce que je n'avais rien à dire.
Et puis j'ai rencontré l'amour, alors forcément je suis moins dispo.
Et puis j'ai changé de boulot aussi.
Enfin bref, j'avais pas le temps.
Par contre, le temps de lire les blogs des autres ça je l'ai eu, c'est sûr!
A suivre?
PS : et aussi de faire le ménage dans tout ce que j'ai écrit avant, qui n'est que de la merde sans intérêt aucun.
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28.09.2007
Le travail, c'est trop dur.
Etre une femme dans la technique, à l’époque de la parité et de l’égalité des sexes. Quel est le bilan ?
Prenez une petite fille qui a envie de faire quelque chose de ses mains, et qui est excellente en classe. Au point qu’elle a autant le profil littéraire que scientifique. Une fille qui rêve d’espaces et de liberté, qui veut tout sauf un boulot plan-plan. Cette petite fille là c’était moi, et au moment propice j’ai choisi d’être dans la technique.
Avec mes envies de grandeur je me voyais déjà pionnière en quelque chose, avec une rue qui porterait un jour mon nom. J’ai donc fait quelques années d’études, passé beaucoup de temps à plancher au détriment de toute vie sociale.
J’ai achevé mes études avec une niaque terrible qui me faisait penser que je pouvais tout faire. J’ai vite déchanté en constatant que dans le monde du travail, on n’est même pas jugé sur son potentiel, ses compétences, ou carrément son mérite, mais sur ce qu’on dégage. Naïvement j’ai été honnête, égale, sérieuse alors qu’il aurait fallut jouer la comédie, mais à l’époque je ne le savais pas.
Aujourd’hui je suis donc (une femme,) dans la technique, et voici mon bilan.
• Dans la technique on commence par vous mettre la pression. C'est-à-dire que vous avez intérêt à travailler autant d’heures que possible quitte à faire des nuits de 4 heures ou terminer chez vous.
• Dans la technique on continue en vous faisant bien comprendre que vous n’avez pas le choix, qu’il faut se plier aux règles de l’entreprise, et accepter que votre travail empiète sur votre vie privée au sens large : partir en déplacement et travailler du lever au coucher.
• Dans la technique, votre chef, c’est votre papa. Si vous avez cru que c’en était fini du temps où on vous dictait votre conduite et bien détrompez-vous. Le travail c’est la vie, et on bosse pour la gloire. Donc vous devez tout donner au travail.
• Dans la technique, point de vie privée, puisque le patron c’est papa, vos collègues doivent donc devenir vos frères et sœurs et tout savoir de vous. Celui qui ne raconte pas sa vie ou qui est trop indépendant est un vilain.
• Dans la technique, tu te rends compte qu’en vérité tes frères et sœurs sont des traîtres, qu’ils sont prêts à te marcher dessus pour une promotion, fini le copinage !
• Dans la technique, on est cool. C'est-à-dire qu’on parle gras, qu’on dit « chatte » à la cantine, et que si tu ne ris pas, ben c’est que tu es coincé(e) du cul. En même temps quoi de plus étonnant, puisque tu ne racontes pas tes histoires de fesses, tu dois surement être mal baisée.
• Dans la technique, si tu es une fille, ne compte pas sur les autres filles !! C’est à celle qui se fera le plus apprécier des collègues masculins (la pétasse) ou celle qui sera super froide avec toi (à cause des pétasses qui sont passées avant). Bref, solidarité féminine zéro, tu te demandes ce que tu fous là.
• Dans la technique, les hommes, c’est pas des hommes, c’est des commères, pire que le petite vieille derrière son rideau. Et vas y que je te casse auprès des autres, et que je gobe les ragots, et que je bla-blatte, et que je me fais des films parce que.. euh.. ben parce que.
• Dans la technique, si comme moi tu as l’immense chance de faire jeune, et que par le plus grand des hasards on te voit faire une photocopie, c’est fini pour ta crédibilité, on est super étonné et on te prend pour une stagiaire (et si t’es typée c’est encore pire).
Je vois que je pars en live et commence à tutoyer mon lecteur, je vais donc me remettre dans mon rôle de fille sérieuse qui a un vrai message à faire passer.
Aujourd’hui je me galère en plein désert dans le sable et tout pour aller me faire engueuler par des clients qui ne souffrent pas qu’une femme soit à cette place là.
Aujourd’hui je suis critiquée par mes chefs parce que je n’arrive pas à me dépatouiller d’un projet qu’ils ont bradé pour payer leur piscine, et c’est moi qui me retrouve en front-line à l’étranger, dans un pays où la femme n’est pas beaucoup respectée.
Aujourd’hui je me retrouve coincée à l’autre bout du monde pour une simple histoire d’égo masculin. J’ai raté le concert d’Incubus hier soir et je raterai l’anniversaire de mon amoureux demain.
Je trouve tout ça très injuste. Je ne comprends pas pourquoi je suis récompensée de cette manière de tout ce que j’ai donné, de tous les rêves que j’avais. Ils ont tué la petite fille qui avait la niaque, maintenant je suis stressée et j’ai presque honte d’être malade de fatigue.
En travaillant dans ce genre de milieu on finit par se perdre soi même, perdre ses rêves. Finie la vie sociale, la vie amoureuse, l’épanouissement personnel. Bonjour les sacrifices, la fatigue, le stress, la tension. Au revoir les désirs d’enfants, on vous le fera payer très cher. Comme m’a dit une fois un collègue de promo « T’avais qu’à pas être une fille ».
Aujourd’hui je rêve d’un vrai boulot normal avec des horaires normaux. Où on a le goût du travail bien fait et où on respecte ses collègues sans les brimer. Rentrer chez moi tous les soirs et dormir avec mon homme, travailler 8 heures par jour et pas une de plus, pouvoir mettre une jupe et être jolie. Est-ce que je demande trop ?
Alors voilà ce que je vais faire demain. Demain matin je vais profiter de la plage une dernière fois, y’a pas de raison. Ensuite, en rentrant je me laisse 15 jours et je file ma démission, qui dit mieux ?
20:03 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
15.09.2007
La patience
Vendredi dans le désert...
Levée aux aurores pour éviter la foule du déjeuner, peine perdue.
Je me sens pousser des ailes, je tente le tout pour le tout : le maillot de main sous un short et avec un débardeur dos nageur ultra sexy-moulant. On dirait pas comme ça mais c'est un exploit, on est quand même dans le désert, en plein ramadan, et le papier de l'hôtel dit (outre "forbidden to chewing gum in public areas") que je dois me couvrir. Ca veut dire quoi se couvrir par ce temps? Le matin il fait déjà 30 degrés! Enfin bref du coup je rajoute une chemise... Que ne suis je profondément surprise de découvrir toutes ces nanas en décolleté plongeant et toutes en jambes?
Allez c'est la fête, je suis au ptit déj, j'embraye sur la piscine, que dis-je, c'est la mer que je vois là.
Ni une, ni deux, moi, la nana qui ne veut pas être vue en maillot de bain par les clients, en ben (f... les clients) tant pis!
Je me désape en moins de 2 et je cours dans l'eau qui à 9h30 du matin est chaude comme aux antilles (et dixit mon amoureux plus tard elle sera chaude comme de la pisse). Après avec fait trempette, été sous-pesée du regard par les autres nanas (alllez je ne vous en veux pas, moi j'aurai fait pareil), et transpiré sous le soleil tellement fort que j'arrive même plus à lire ma lecture philosophique j'ai nommé le cosmopolitain, je décidé de me tirer de cette fournaise.
Grand bien m'en fasse! Je croise 2 clients en 5 minutes!
Enfin bref, je finis la journée dans ma piaule comme une crevarde.
C'est ramadan je l'ai assez dit donc tout est fermé (ou alors ouvre trop tard für mich).
Voilà, j'ai regardé la Môme, et Marie Antoinette c'était pas terrible terrible..
Et comme y'a pas de clients sur le site aujourdhui j'ai mis un Tshirt à manche courtes. J'arrive pas à croire que je sois en train d'écrire ça. Vivement que je rentre, j'en ai marre d'ici. Marre d'être dévisagée. Marre de marre. J'ai envie de parler à personne, et pas envie non plus de me sociabiliser, avec les mecs ont sait jamais t'as vite fait d'être taxée d'allumeuse. Après tout je devrai m'en foutre de tout ça, saufq ue trop souvent ça m'a posé problème.
Bon, jevais faire dodo.
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